La commission des programmes du CIRJK a été créé sous l’impulsion du Prof. Lukas Vischer, figure théologique réformée de l’œcuménisme depuis les années soixante https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/010895/2013-07-31/.
La CP a pour objectif d’offrir un cadre propice au partage des idées, notamment dans le domaine de l’interreligieux, avec en toile de fond les questions contemporaines dans leur dimension spirituelle.
La CP est composée de membres en lien avec différentes institutions locales et internationales ; des académiques (UNIGE et autres), des personnes actives dans les ONG et des représentants des Eglises (EPG- EERV- COE- CMER).
Evénement du 12 septembre 2025
RÉSITER À LA GUERRE
En 1925, à Stockholm, dans le sillage encore brûlant de la Première Guerre mondiale, des représentants des Églises de différents pays se sont retrouvés autour d’une conviction forte : la guerre ne saurait jamais être un bien. Les Églises avaient alors une responsabilité particulière : reconnaître leur part dans l’alimentation des haines nationales et s’engager à devenir des artisans de paix.
Cent ans plus tard, le 12 septembre 2025, la journée « Résister à la guerre », organisée au Centre John Knox, a rappelé combien cet héritage reste d’actualité. Les interventions ont souligné deux points essentiels : l’importance d’une unité concrète, qui se construit dans l’engagement pratique, et le devoir pour l’Église d’inscrire son action dans une mission pour le monde, en faveur de la réconciliation et de la paix.
Laure Borgomano (Dr. en philosophie, sémiologie et théologie, ancienne conseillère à la représentation de la France à l’OTAN) propose de porter attention aux différentes « réserves » dans lesquelles puiser lors de situations de crise et notamment face à la guerre contemporaine. Sa réflexion s’appuie sur une enquête publiée dans son livre La réserve. Pudeur, ressources et résistance en temps de crise (Labor et Fides, 2025).
Vidéo du discours de Laure Borgomano (Lyon, France)
Marco Hofheinz (professeur d’éthique, Institut théologique de Hanovre) a proposé une lecture de la notion d’alliance comme ressource théologique et politique.
En dialogue avec Johannes Althusius (1557–1638) et Emmanuel Kant (1724–1804), il a montré que deux logiques se croisent :
• celle de Kant, qui pense la paix par une fédération d’États libres, fondée sur le droit universel ; (top-down)
• celle d’Althusius, qui insiste sur les dynamiques sociales locales, sur la subsidiarité et les réciprocités concrètes. (bottom-up)
Vidéo du discours de Marco Hofheinz (Hanovre)
Lors de la table ronde conclusive de la journée, Sévane Garibian, professeure ordinaire à la faculté de droit de l’université de Genève) a mis en évidence que la résistance contre la guerre implique de résister aux différents abus qui marquent la situation contemporaine en matière de conflit. À l’image du négationnisme qui détourne la mémoire pour inverser la relation victime-agresseur, le droit positif n’est jamais sauf d’être détourné de sa finalité initiale. L’abus peut transformer le bouclier en épée.
Vidéo de la table ronde (Sarah G., Laure B., Sévane G., animateur Christophe C.)
Textes ci-dessus tirés du blog de M. Jaillet sur le site internet de l’EERS
No Events